Souad Massi: «Je suis une artiste qui n’aime pas l’injustice»

Souad Massi ©DR
Souad Massi ©DR

Maghreb 1: Comment avez-vous atterri dans le monde du chant ? 

 

Souad Massi: J’ai eu l’énorme chance de naître et de grandir au sein d’une famille qui aime la musique, où oncles, frères et cousins jouent des instruments de musique. J’ai pris des cours de guitare classique à mes 17 ans à l’association des beaux-arts d’Alger et commencé à composer et écrire des chansons avec mes frères. 

 

Quels styles musicaux vous ont inspirée au début de votre carrière et quels styles continuent de vous inspirer? 

 

J’écoutais un peu de tout, du classique, jazz, rock à la musique arabe, africaine ...

Je trouvais que c’était une vraie richesse d’écouter diverses musiques et de puiser dedans pour m’enrichir et développer le plus large répertoire possible.

 

Tout artiste affronte des difficultés au début de son parcours. Était-ce le cas pour vous? 

 

Venant d’une famille très modeste, il m’était difficile à mes débuts dans la musique de m’acheter une guitare ou de payer mes cours de
musique...

Après j’ai dû me battre contre certains préjugés que tout le monde connaît quand une jeune femme veut devenir artiste dans une société accrochée à certaines traditions. Heureusement que ma famille ma soutenue ce qui m’a permis de dépasser ces clivages et d’aller de l’avant. 

Comment les avez-vous vaincus? 

 

Avec le soutien familial, les amis, le travail et la persévérance.

 

Vivre en France a-t-il apporté un plus à votre carrière artistique? 

 

Évidemment, ma venue en France et toutes les rencontres artistiques qui ont suivi ainsi que la possibilité de travailler avec des gens d’une grande qualité professionnelle m’ont permis d’évoluer et d’avoir une belle carrière internationale. 

Vous chantez exclusivement en arabe. Est-ce un choix? 

 

Inconsciemment peut être, il s’agit surtout de la première langue que j’ai utilisée pour écrire et chanter et comme vous l’avez bien constaté c’est essentiellement de l’algérois mais cela ne m’empêche pas de chanter dans d’autres langues comme le français, l’anglais ou même l’espagnol. Savoir d’où on vient nous permet d’avancer avec des pas sûrs et de construire des passerelles entre différentes cultures. 

 

Tout artiste défend des idéaux et s’identifie à une mission. Quels sont les vôtres? 

 

Je n’ai pas la prétention d’avoir une mission, néanmoins je suis souvent sensible à des sujets d’ordre social. Je suis une artiste qui n’aime pas l’injustice, j’éprouve une grande admiration pour les personnes qui défendent les libertés et qui œuvrent pour le rapprochement des peuples.

 

Quels sont vos projets futurs? 

 

Je travaille sur la sortie de nouveaux titres avec quelques surprises à venir et peut être des collaborations intéressantes.  

Est-ce que la pandémie du Covid-19 a eu un impact sur votre productivité et projets artistiques? 

 

Comme la plupart des artistes j’ai été touchée par la fermeture de salles de spectacles. La scène me manque et mon public également.

Mais je reste positive, je continue à travailler de mon côté et j’espère que les pouvoirs publics seront à la hauteur pour refaire vivre le monde de la culture frappé par cette crise inédite.

Pensez-vous à consacrer l’un de vos projets futurs à cette pandémie? 

 

Vous savez, je ne pense pas que les choses viennent par hasard...

Cette pandémie nous oblige à revoir notre façon de vivre, à réfléchir à notre rapport à l’autre et aussi à notre environnement. Un projet sur la pandémie directement non, en revanche sur l’une des conséquences sociales provoquée par cette crise peut être bien !