Mauritanie: l’or, une malédiction ?

Par Larbi Atmani
L’expérience de l’orpaillage a fait ses preuves ©MAP/EPA
L’expérience de l’orpaillage a fait ses preuves ©MAP/EPA

Le débat sur la production artisanale de l’or en Mauritanie a refait surface ces dernières semaines, à cause des dommages écologiques provoqués par les produits chimiques utilisés par les sociétés et les artisans miniers pour extraire le métal précieux.

Malgré les revenus importants générés par l’activité artisanale de production de l’or, communément appelée orpaillage, et sa contribution à l’absorption du chômage, l’utilisation par les orpailleurs des produits chimiques toxiques, comme le cyanure et le mercure, dans  le traitement des pierres a provoqué une vive colère de la population, qui a exprimé son rejet catégorique d’utiliser ces substances, en raison de ses dommages sur l’environnement et de ses conséquences désastreuses sur la santé des citoyens.

Depuis son autorisation par les autorités mauritaniennes en 2016, qui ont ouvert certaines zones pour cette activité, l’orpaillage a connu un engouement sans précédent des Mauritaniens et, dans une moindre mesure, d’étrangers.

 

11 sites destinés à l’orpaillage

 

En réponse aux demandes croissantes pour cette activité, et dans le cadre des efforts déployés par les autorités mauritaniennes pour renforcer l’infrastructure du secteur minier et accroître les revenus économiques, la Mauritanie a ouvert  11 nouveaux sites destinés à l’orpaillage, alors qu’ils étaient considérés auparavant comme des zones militaires. Selon les estimations, l’exploitation artisanale de l’or occupe directement et indirectement près de 200.000 personnes, soit 5% de la population mauritanienne. Le potentiel aurifère serait de l’ordre de 35 millions d’onces pour une valeur théorique de 50 milliards de dollars.

La valeur ajoutée génèrée par l’orpaillage s’élève à 74 milliards d’ouguiyas (un euro équivaut à 43,51 ouguiyas) en 2019, selon le ministre du Pétrole, de l’Energie et des Mines, Abdessalam Ould Mohamed Saleh, qui note que d’importantes quantités sont vendues à la Banque centrale de Mauritanie, alors que d’autres quantités sont écoulées sur le marché noir.

Effectivement, en 2019, quelque 1.050 kg d’or ont été commercialisés à travers le circuit de la Banque Centrale de Mauritanie, qui ne reçoit cependant que 20 à 25% de la production artisanale.

Bien que la mine d’or la plus importante en Mauritanie soit actuellement celle de Tasiast, à quelque 300 km au Nord de la capitale Nouakchott, exploitée par Tasiast Mauritanie Ltd, une filiale de la société canadienne Kinross Gold, l’exploitation artisanale de l’or offre aujourd’hui d’immenses perspectives pour l’économie nationale et crée de nouvelles opportunités d’emploi.

 

L’orpaillage a fait ses preuves

 

L’expérience de l’orpaillage a fait ses preuves confirmant le caractère extrêmement rentable des activités de ce sous-secteur qui n’est qu’à ses débuts. Les perspectives sont encore plus prometteuses parce que les réserves avérées et probables se chiffrent en plusieurs millions d’onces, tout comme celles qui sont mesurées, indiquées ou présumées.

La valeur de la production d’orpaillage extraite au niveau du Tiris-Zemmour (nord) se compte  en chiffres en dizaines de milliards d’ouguiyas. Le potentiel est de plus de 35 millions d’onces d’or, soit une valeur théorique estimée en 2020 à plus de 50 milliards de dollars. Activité clandestine et illégale auparavant, l’orpaillage artisanal est aujourd’hui un sous-secteur encadré et intégré dans la politique minière nationale. Face à la ruée des citoyens vers l’exploitation artisanale de l’or en Mauritanie et les enjeux socio-économiques y afférents, l’Etat a décidé de réglementer cette activité par la mise en place d’un dispositif de sécurité et un cadre juridique d’encadrement.