Ibrahima Adama Fall, l’art plastique inspiré de la tapisserie

Par Amadou Seck
Ibrahima Adama Fall DR
Ibrahima Adama Fall DR

Maghreb1: Présentez-vous à nos lecteurs

 

Ibrahima Adama Fall: A l’état civil, mon nom est Ibrahima Adama Fall. Je suis natif de la cité fluviale de Rosso, capitale de la région du Trarza (extrême Ouest de la Mauritanie). Je suis un artiste plasticien. En plus de l’art, presque inné chez moi, je suis technicien supérieur diplômé en bâtiment (architecture).

 

Depuis combien de temps, pratiquez-vous l’art plastique?

 

45 ans de navigation et d’expérience.

 

Dans quelles conditions avez-vous appris à manier les pinceaux?

 

J’ai eu la passion de la peinture à un bas âge.  En effet, très jeune, je me suis inscrit aux cours des arts plastiques du Centre Culturel Léopold Sédar Senghor de Thiès (ville située à 70 kilomètres au Nord de Dakar).

 

Quelles sont les principales figures et expressions visibles à travers vos œuvres?

 

Mes œuvres sont le reflet de mon style artistique qui est la tapisserie. Une forme à travers laquelle je montre des reliefs et des figures qui s’entrelacent.

Ces images qu’on retrouve sur des tableaux symbolisent aussi le brassage ethnique et culturel en Mauritanie.

 

Expliquez-nous le contenu, la véritable quintessence du message des figures que vous réalisez. Y a-t-il un fil rouge, un thème récurrent?

 

Les œuvres que je réalise sont l’expression des dynamiques, des mutations sociales et culturelles, avec au passage, un clin aux traditions ancestrales en voie de disparition.

Elles expriment aussi les inquiétudes légitimes des populations face à un avenir comportant une réelle dose d’incertitude.

 

Avez-vous participé à des expositions en Mauritanie, au Maghreb, notamment au Maroc, en Afrique et ailleurs dans le monde?

 

J’ai participé à des expositions et événements un peu partout en Mauritanie. J’ai également exposé au Sénégal.

Mais je n’ai pas eu l’opportunité d’exercer mes compétences au Maroc ou dans un autre pays du Maghreb.

 

Quelle est la situation actuelle des arts plastiques en Mauritanie?

 

La situation de l’art plastique en Mauritanie est structurellement difficile, mais elle connaît actuellement une certaine amélioration. Nous aimerions avoir plus de visibilité grâce à des soutiens de nature à permettre l’organisation de plus d’expositions.

 

De quel potentiel dispose le pays du point de vue des talents?

 

La Mauritanie dispose de nombreux jeunes talents dans le domaine des arts plastiques. Ceux-ci doivent être accompagnés et orientés grâce à la création d’écoles professionnelles dédiées à ce domaine qui a une dimension capitale dans la culture de toute société.

 

Quels sont les problèmes auxquels sont confrontés les adeptes de l’art plastique en Mauritanie?

On peut citer l’absence de structures dédiées à la formation.

Le déficit de la sensibilité d’un public qui n’a pas acquis la culture de l’amour du beau à travers cette forme de l’art moderne.  Il y a également une certaine forme de radicalisme qui rejette la représentation des figures humaines pour des raisons religieuses.

 

Comment appréciez l’annonce de la création il y a quelques mois d’un Institut National des Arts (INA)?

 

L’annonce de la création de l’Institut National des Arts (INA) nourrit l’espoir et la perspective de l’émergence dans tous les domaines liés à la culture: arts plastiques, musique, théâtre, cinéma.. Cela devrait permettre de professionnaliser les jeunes talents en leur donnant l’opportunité de se former.

Je suis le chef de la division «Arts Plastiques» de l’INA, qui vient à point nommé pour la promotion et le développement de l’art en Mauritanie.

 

Connaissez-vous le milieu des artistes plasticiens marocains et la forte dynamique de cet art dans le royaume?

 

Les échos qui nous parviennent témoignent effectivement d’une forte dynamique et d’une production abondante des arts plastiques au Maroc, qui accompagne le processus de développement dans tous les autres domaines.